Pourquoi ce vigneron refuse de passer au bio : ses raisons vont vous surprendre

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Rédigé par Élise

29 décembre 2025

Un vigneron de Chassagne-Montrachet lève le pied sur le bio et bouscule les idées reçues ! Non, ce n’est pas une lubie, ni une révolte d’administratif désabusé. Derrière ce choix, il y a des convictions, de l’expérience, et une vision bien plus vaste que les cahiers des charges des labels – et cela pourrait bien ébranler notre confiance aveugle dans la petite feuille verte qui fleurit sur les bouteilles.

Quand le bio devient un casse-tête : entre espoirs et déceptions

Derrière les labels, il y avait pour lui l’espoir d’une agriculture plus vertueuse. Installé en 2013 sur le domaine familial laissé en jachère deux générations durant, ce vigneron est arrivé fort de son diplôme d’œnologie, déterminé à tout changer. Il met en place la biodynamie avec enthousiasme… puis déchante :

  • Charge administrative délirante
  • Coûts économiques vertigineux
  • Résultats décevants tant sur le plan agronomique que philosophique

L’un des grands oublis, selon lui ? Le bonheur de l’exploitant ! « On parle beaucoup d’environnement, mais le taux de suicide dans la profession ne semble émouvoir aucun label », souligne-t-il avec gravité.

Des pratiques en question : le bio est-il toujours vertueux ?

Rapidement, le constat s’aggrave côté terres : sols fatigués, rien ne semble s’améliorer. Le choc vient plus loin : « Les produits autorisés en viticulture biologique sont des intrants qui perturbent l’écosystème. » Un exemple marquant : le traitement bio contre la flavescence dorée, qui anéantit d’autres insectes utiles. Pour lui, la vraie solution reste la prévention et l’anticipation, pas le curatif à répétition.

Il ose la remise en question profonde :

  • Arrêter complètement les traitements – pas seulement passer du chimique au cuivre et soufre.
  • Arrêter le labour, qui abîme la vie du sol.

Or, les labels se gardent bien de remettre ces méthodes traditionnelles en cause. Et face au changement climatique, notre vigneron martèle : Il serait urgent de réinventer la conduite de la vigne !

Sur le terrain : permaculture, agroécologie et biodiversité

Avec sa femme, il s’inspire dès 2017 de la permaculture et de l’agroécologie, suivant notamment les travaux de Konrad Schreiber. Leur credo ? Sols toujours couverts, jamais retournés, pour enclencher le cercle vertueux de la matière organique grâce aux vers de terre et bactéries.

Adieu les catalogues de produits chimiques ! Place aux mélanges de plantes :

  • luzerne, vesce, lentille, colza, tritical, orge, sainfoin, chanvre et bien d’autres encore

Résultat, au bout de moins de trois ans : résistance accrue à la sécheresse, sols vivants. Un vigneron heureux, donc, de passer son temps à sélectionner les bonnes plantes plutôt qu’à remplir des formulaires interminables.

L’expérience se double d’un potager en permaculture, sans aucun intrant : la preuve vivante que l’on peut produire sainement sans attestation officielle. Son objectif est simple : renouer avec la nature, loin de la filière chimico-industrielle jugée aujourd’hui déconnectée.

Les limites criantes du label : marketing, bilans carbone et illusions vertes

Et que penser des « verdures » de supermarché ? Derrière les rayons, la réalité est moins reluisante :

  • Produits bio issus d’industrialisation et monocultures
  • Uniformisation contreproductive pour la biodiversité

Le bio employé comme argument marketing et segmentation de niche laisse un goût amer : « Grand pas pour les industriels, petit pas pour la planète. »

Autre incohérence : l’absence de prise en compte du bilan carbone. Un vin bio peut être livrée dans une bouteille lourde envoyée par avion. Une tomate bio arrivée fraiche… en novembre ! Il défend avec ferveur l’idée d’un affichage obligatoire du bilan carbone, convaincu qu’atteindre la neutralité carbone devrait être le minimum syndical pour tout producteur.

Pour appuyer sa vision, il cite Fukuoka, le chantre de l’agriculture sauvage : « La vraie culture naît dans la nature, elle est simple, humble et pure. »

Pour finir : moins de paperasse, plus de nature ! Avant de se noyer dans la jungle des labels, prenons le temps d’observer – vraiment – la nature autour de nous. Les solutions ne seront jamais universelles, mais propres à chaque terroir, à chaque vigneron. Lui n’est pas certifié bio : il travaille, tout simplement, avec la nature. Et si c’était elle, la vraie garantie ?

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Élise