Ni médicament ni chimie : cette épice soulage l’estomac aussi bien qu’un traitement

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Rédigé par Élise

6 janvier 2026

Votre estomac fait des siennes après un repas trop copieux ? Entre ballonnements, nausées et sensations d’inconfort, la vie peut parfois ressembler à une épreuve culinaire… Mais une épice du placard pourrait bien rivaliser avec le célèbre oméprazole, star des pharmacies ! Direction la Thaïlande, où la science s’invite dans nos assiettes et bouleverse les usages médicaux !

Dyspepsie : quand la digestion fait la tête

Qui n’a jamais ressenti un inconfort persistant au niveau de l’estomac, que ce soit sous forme de douleur, de lourdeur, de hoquets ou ces fameux ballonnements imprévus (parfois juste avant une réunion importante…) ? L’Assurance maladie définit la dyspepsie comme un trouble digestif caractérisé par une douleur ou une gêne chronique centrée sur la région de l’estomac, à savoir l’épigastre.

  • Une digestion laborieuse
  • Nausées qui s’invitent
  • Hoquets qui persistent
  • Brûlures d’estomac : les invitées non désirées

Pour calmer cette tempête intérieure, l’oméprazole est souvent prescrit afin de réduire l’excès d’acide gastrique. Mais aujourd’hui, une héroïne inattendue s’invite à la table de la recherche : la curcumine, issue du curcuma.

Le curcuma : de la racine à la gélule

Connu pour sa couleur flamboyante, le curcuma vient de la racine de la plante Curcuma longa. L’un de ses composés phares, la curcumine, fait depuis longtemps partie de remèdes traditionnels contre l’indigestion en Asie du Sud-Est, où l’on ne rigole pas avec les repas épicés ! Réputée pour ses vertus anti-inflammatoires, la curcumine intrigue les scientifiques. Les chercheurs de l’Université Chulalongkorn à Bangkok ont donc voulu mesurer l’efficacité de cette épice vis-à-vis des traitements médicamenteux contre la fameuse dyspepsie fonctionnelle.

Une étude sérieuse et épicée

Pour comparer les effets de la curcumine à ceux de l’oméprazole, les spécialistes thaïlandais ont réuni 206 volontaires âgés de 18 à 79 ans souffrant de dyspepsie fonctionnelle. Après quelques éliminations légitimes (la digestion qui bat de l’aile, on connaît…), 151 courageux ont mené l’étude à son terme, dans différents hôpitaux de Thaïlande. Trois groupes ont été formés :

  • Groupe 1 : deux capsules de curcumine, quatre fois par jour, et une capsule factice.
  • Groupe 2 : une petite capsule d’oméprazole (20 mg) par jour, accompagnée de deux grandes capsules factices, quatre fois par jour.
  • Groupe 3 : la combinaison : curcumine et oméprazole ensemble, sous forme de gélules.

L’efficacité a été mesurée grâce à un outil nommé SODA, à la fin de la prise de gélules, puis ensuite 28 et 56 jours plus tard, histoire de surveiller durablement les résultats. Et autant dire qu’à la lecture des chiffres, on ne reste pas sur sa faim !

Des résultats qui ne manquent pas de piquant !

Bonne nouvelle pour les amateurs d’épices : à 28 jours, les capsules de curcumine ont permis de réduire la douleur de 4,83 et les autres symptômes de 2,22 points. Les performances restent très proches pour les adeptes de l’oméprazole (baisse de douleur de 5,46 et diminution des autres symptômes de 2,32) et pour les intrépides du duo curcumine/oméprazole (6,22 et 2,31 respectivement).

Au bout de 56 jours, les indicateurs sont encore meilleurs :

  • Curcumine seule : baisse de la douleur de 7,19, autres symptômes diminués de 4,09
  • Oméprazole seul : baisse de 8,07 pour la douleur, 4,12 pour les autres symptômes
  • Curcumine + oméprazole : respectivement 8,85 et 3,71

De quoi prouver que la curcumine ne fait pas de la figuration ! Les chercheurs relèvent que « la curcumine et l’oméprazole avaient une efficacité comparable pour la dyspepsie fonctionnelle sans effet synergique évident ».

Certes, pas de superpouvoirs en combinant les deux, mais de quoi envisager la curcumine dans la pratique clinique. Les auteurs restent toutefois prudents et signalent quelques limites à leur étude, comme la taille réduite du panel et sa durée.

En guise de conclusion : le curcuma, allié potentiel de nos estomacs, pourrait bien gagner une place dans les cabinets médicaux comme sur nos tables de cuisine. Ne jetez pas (encore) votre boîte d’oméprazole, mais ne sous-estimez jamais le pouvoir de cette épice dorée !

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Élise