Incroyable mais vrai : ces plantes transforment les jardins en quelques semaines !
Qui aurait cru que le simple fait de planter quelques fleurs triées sur le volet pouvait à la fois réveiller un potager endormi, offrir le gîte et le couvert aux abeilles affamées, et transformer le moral des jardiniers débutants ? Pourtant, c’est l’incroyable révolution que vivent les jardins français depuis quelques années, sous l’impulsion de quelques favoris très mellifères. Et non, ce n’est pas le jardinier qui grossit, ce sont bien les ventes !
Un marché florissant : la ruée vers les plantes mellifères
Souci, capucine, bourrache : ces noms chantent sur les étiquettes et allèchent les Français aussi bien que les abeilles elles-mêmes. Selon la dernière étude de l’Interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage, un tiers des ménages français ont adopté au moins une de ces plantes en 2018. Ce n’est pas rien !
Fort de près de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, le marché des plantes n’a pas fini de bourdonner. Les enseignes de jardinerie observent une montée irrésistible des ventes. Carole Fischel-Guizard, directrice du marché jardin et végétal chez Jardiland et Gamm Vert, souligne : « Depuis cinq ans, nos ventes de vivaces et de plantes aromatiques augmentent de 10 à 20 % chaque année ». Même son de cloche chez le semencier Vilmorin, où la lavande ou le souci voient leurs ventes progresser deux fois plus vite que les fleurs ordinaires. C’est la ruée vers l’or… pollen.
La grande vague des “néojardiniers”
Le confinement de 2020 a agi comme un compost miracle pour cette tendance. Jardiland a ainsi vu débarquer pas moins de 400 000 nouveaux clients. Chacun rêvant de bien-être, d’autonomie, de gestes pour la planète… et, avouons-le, d’un peu plus de couleurs à la fenêtre.
Nicolas Barre, chef de produit marché aux fleurs chez Truffaut, analyse l’engouement : « Les néojardiniers veulent cultiver leurs légumes et plantes aromatiques eux-mêmes ». Les fleurs mellifères deviennent alors des alliées précieuses, à la croisée de l’écologie et du plaisir visuel. « Les abeilles sont vraiment devenues un sujet important. Les gens ont conscience des conséquences de leur déclin sur notre alimentation », souligne aussi Carole Fischel-Guizard.
Du goût, des couleurs… et de la biodiversité !
Certes, la majorité reste motivée par la couleur et l’envie de décorer : une étude récente de Truffaut confirme que l’esthétique domine les raisons d’achat. Mais les mentalités évoluent. Sarah-Jane, cliente fidèle (environ 500 € par an en jardinerie, une vraie passion !), ajuste désormais ses choix : « Maintenant, je me renseigne sur les bienfaits d’une plante pour les insectes avant de l’acheter ». Dans son potager serti d’ancolies et de véroniques arbustives, elle privilégie les vivaces (fini de racheter chaque année, bonjour les économies et les semis maison !).
Certaines espèces autrefois boudées reprennent fièrement leur place. Qui aurait parié sur la bourrache ? Condiment d’un autre temps, elle revient en force. Ses petites fleurs bleues séduisent autant les abeilles que les regards. « Elle se prête aux coins non tondus et se ressème toute seule », précise Arnaud Darsonval, de la Ferme de Sainte-Marthe (Loire-Authion), qui a vu ses ventes de sachets doubler en trois ans. Autres vedettes : la phacélie, sans oublier les mélanges de prairies fleuries qui représentent 15 % du marché des graines de fleurs.
Isabelle et Frédéric, eux, ont franchi le pas du mix : entre tomates, courgettes et betteraves, ils ont semé souci, capucine et bourrache. Résultat : « On récolte les fleurs pour nos salades, on a été surpris par la croissance ! Beaucoup d’abeilles, et les tomates se sont pollinisées presque toutes seules » confie Frédéric, converti à l’association florale.
Et après ? Vers (encore) plus de nature au jardin
Les enseignes ne comptent pas s’arrêter là. Carole Fischel-Guizard l’affirme : « Nous cherchons à identifier de nouvelles gammes axées sur la biodiversité ». Sont ainsi envisagés :
- les haies d’arbustes, véritables refuges à oiseaux,
- les engrais verts, pour régénérer le sol,
- les pots biodégradables, pour aller au bout de la démarche éco-responsable.
Rien d’étonnant si les jardiniers français changent leur regard, ni si les abeilles, elles, poussent un « bzzzz » de soulagement.
Conseil du jour : laissez quelques coins du jardin s’exprimer librement, tentez le mélange fleurs-légumes, et observez comment la biodiversité vient faire son show. Incroyable mais… vérifié !





